09/04/2018

L'Etats-Unisation du monde


"Pour les Etats-Unis, l'objectif central d'une politique étrangère à l'ère de l'information doit être de gagner la bataille des flux de l'information mondiale, en dominant les ondes, tout comme la Grande-Bretagne régnait autrefois sur les mers. (...) Il y va de l'intérêt économique et politique des Etats-Unis de veiller à ce que, si le monde adopte une langue commune, ce soit l'anglais; que, s'il s'oriente vers des normes communes en matière de télécommunications, de sécurité et de qualités, ces normes soient américaines, que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains; et que, s’ils élaborent des valeurs communes, ce soit des valeurs dans lesquelles les Américains se reconnaissent. (...) Les Américains ne doivent pas nier le fait que, de toutes les nations dans l'histoire du monde, c'est la leur qui est la plus juste, la plus tolérante (...) et le meilleur modèle pour l'avenir." [David ROTHKOPF (administration CLINTON), « In praise of cultural imperialism? », Foreign Policy n°107, Washington, été 1997. Cité in Serge LATOUCHE, L'occidentalisation du monde. Paris, La Découverte, 2005.]

29/01/2018

L'asymétrie dans l'argumentation sur Internet : la loi de Brandolini.

Cette « loi », énoncée pour la première fois en 2013 par un informaticien italien, stipule que la quantité d’énergie nécessaire pour réfuter une idiotie est supérieure d’un ordre de grandeur à celle nécessaire pour la produire. C’est une sorte de principe d’asymétrie dans l’argumentation : répandre une rumeur ou affirmer un fait sans preuve est rapide, surtout à l’ère d’Internet. Mais la réfutation nécessite beaucoup de temps, dix fois plus selon cette « loi » de Brandolini.
Par exemple, propager l’idée que les vaccins sont dangereux, qu’ils peuvent produire des effets secondaires graves, qu’ils sont cause d’autisme, que le système immunitaire des jeunes enfants n’est pas adapté à recevoir une telle charge dans les tous premiers mois... ne prend que quelques minutes à quiconque dispose d’un site ou d’un blog. Quelques instants d’une recherche sur son moteur préféré permettent d’ajouter des références à l’apparence sérieuse : tel professeur…, telle « étude »… La recette se décline sur d’innombrables sujets : les OGM sont des poisons, la maladie de Lyme est l’objet d’un déni et d’un scandale sanitaire, les ondes de la téléphonie mobile provoquent des cancers et rendent la vie impossible à un nombre croissant de personnes électrosensibles...
Une réfutation sérieuse ne peut se faire en une seule phrase. Les vaccins ont des effets secondaires, mais ceux-ci sont en général bénins, le lien entre vaccination et autisme a été réfuté après une imposture scientifique prétendant le contraire, cela n’a pas de sens de parler des « OGM en général », ceux autorisés à la consommation ont fait l’objet d’évaluations et sont sans danger… Il faut expliquer, nuancer, référencer. C’est long et compliqué…
Mais l’asymétrie dans l’argumentation va bien au-delà du seul temps requis. Les rumeurs et affirmations péremptoires exploitent souvent les biais cognitifs de notre cerveau, elles vont dans le sens de nos a priori et épousent les faiblesses de notre pensée. Elles semblent ainsi plus légitimes, plus plausibles, et aussi plus tranchées... à l’inverse des explications scientifiques qui sont dans la nuance et le doute, et apparaissent ainsi plus arides.
De plus, parce que bien souvent les informations propagées sont accusatrices et alarmistes, celui qui essaie d’apporter un peu de bon sens et de fournir des faits vérifiables est souvent soupçonné d’être à la botte d’un lobby, de vouloir minimiser une souffrance ou d’étouffer un scandale. Le monde des rumeurs et des fausses informations est souvent binaire : le vrai, le bon et le juste seraient dans le même camp.
La revue Science et pseudo-sciences a fait, depuis maintenant presque cinquante ans, le choix de la raison, de l’explication, de l’argumentation. Elle en appelle à la réflexion de ses lecteurs, à leur sens critique.
Science et pseudo-sciences
N°322, 2017

L'université est morte…!

« Le poisson pourrit toujours par la tête. » (proverbe chinois) 
                                    
Ce n’est même pas une nouveauté : l’Université est morte[1]. Non pas que le secteur de l’enseignement supérieur soit délaissé – il est au contraire l’objet de tous les appétits et il n’y a jamais eu tant d’étudiants en France[2] –, mais l’idée d’Université est morte dans l’imaginaire social. Dans les rares journaux qui lui consacrent quelques colonnes, on n’en finit plus de la déclarer en crise ; on s’interroge gravement sur l’effet de la dernière saignée gouvernementale ; on recommande le recours aux gadgets pédagogiques “innovants” les plus ineptes et l’on promeut, sans y toucher, les tristes écoles privées qui louent annuellement un stand au salon de l’orientation rigoureusement inutile qui porte, surprise, le nom du journal[3]. Dans un perpétuel chantage à l’effondrement, les responsables politiques, en médecins de Molière, assurent que l’Université va au désastre s’il n’y a pas consentement à une saignée de plus.

"J'ai toujours tâché de vivre dans une tour d'ivoire, mais une marée de merde en bat les murs, à les faire crouler", écrivait Gustave Flaubert à Ivan Tourgueniev à l’automne 1872.

L’Université idéelle – la tour d’ivoire[4] – a pour mission de produire, transmettre, critiquer et conserver les savoirs. Ces savoirs y sont construits dans la durée par des travaux savants soumis à la contradiction des pairs et sont articulés comme des continuités autour de grandes “grammaires” méthodologiques – les disciplines – comme autant de manières d’aborder la compréhension du monde. L’objet de l’Université est ainsi la recherche désintéressée de vérités irréductibles à toute dimension utilitaire. Elle vise à constituer des individus autonomes, émancipés de tout déterminisme, en prise sur un monde qu’ils tentent de comprendre, et propres à investir et réinventer les imaginaires sociaux. L’Université comme communauté de savants est animée par son mouvement propre de questionnement endogène, qui crée le savoir comme un commun de la connaissance qu’aucun intérêt particulier ou privé ne peut s’approprier. L’Université suppose l’interrogation illimitée, qui ne s’arrête devant rien, qui ne se propose à priori aucune fin pratique et monnayable et qui se remet elle-même constamment en cause. L’Université nécessite donc que ceux qui la constituent créent leurs propres institutions et choisissent leurs propres modalités d’organisation dans la lucidité, en connaissance de cause, après délibération collective. En un mot, l’Université ne peut être qu’“autonome”, au sens d’autonomos « qui se donne à soi-même sa loi », et suppose libertés académiques, collégialité et indépendance à l’égard de tout ce qui peut en contrarier la maturation — à commencer par la recherche de la performance monétisable.

La marée de merde néolibérale qui bat les flancs de cette tour d’ivoire est faite de vagues de réformes sans horizon ni perspective sensible qui dévitalisent l’Université par dépossession de ses acteurs – étudiants et universitaires (personnels techniciens[5] et chercheurs[6]). Par un procédé de novlangue typique du néolibéralisme, et non sans une certaine dose d’humour noir, les vagues de dépossession ont été baptisées “autonomie” et les vagues de bureaucratisation et de précarisation, “excellence”. Elles visent, d’une part, à donner aux universités la conformation d’entreprises privées[7] et s’articulent autour de quatre volets :
  • l’“autonomie” administrative ; il s’agit de doter les universités d’un cadre juridique inspiré des sociétés de droit privé et d’un conseil d’administration non élu nommant des dirigeants non nécessairement universitaires.
  • l’“autonomie” de recrutement, d’évaluation et de gestion des personnels ; il s’agit de laisser les recrutements à la technostructure universitaire plutôt qu’aux pairs[8], de généraliser les contrats de droit privés (sortie de la fonction publique), de déréguler les salaires et de généraliser la précarité.
  • l’“autonomie” pédagogique ; il s’agit de généraliser, par la sélection à l’entrée des filières universitaires, la mise concurrence des étudiants et des formations, d’amenuiser les libertés pédagogiques des universitaires (au nom de l’attractivité, de l’employabilité et de la rentabilité des parcours) et de mettre fin au cadre national des diplômes.
  • l’“autonomie” financière ; il s’agit de déréguler les frais d’inscription pour substituer le financement privé au financement par l’Etat, et au passage de généraliser le recours au crédit des étudiants comme des universités.
Elles visent, d’autre part, à généraliser la mise en concurrence des établissements d’enseignement supérieur, ce qui suppose d’accentuer leur différenciation, en produisant délibérément des inégalités. Ainsi, la politique menée depuis six ans vise à séparer des universités “de recherche” au cœur des métropoles régionales, qui conservent leur moyens, des établissements “de proximité” paupérisés des villes secondaires et des banlieues[9], et à individualiser les statuts des universitaires en conséquence.

L’ère néolibérale ébranle tous les fondements de l’Université. Les savoirs disparaissent au profit de compétences, segmentées, découpables, évaluables ; les étudiants, devenus entrepreneurs d’eux-mêmes, sont supposés faire l’acquisition d’un stock de compétences grâce aux investissements consentis dans leur formation ; les universités se doivent en conséquence de devenir des usines à diplômer, garantissant la valorisation de ce capital de compétences ajustées à des filières préformatées par une fructification à venir sous forme d’avenir professionnel et des statuts et revenus correspondants. Le raisonnement, l’exigence intellectuelle et les savoirs sont alors frappés d’obsolescence puisqu’il s’agit d’acquérir technicité (l’archétype de la compétence technique: Ctrl-C Ctrl-V) et compétences comportementales (“savoir être” et autres soft skills) théorisées par le néomanagement : confiance, empathie, intelligence émotionnelle, communication, gestion du temps et du stress, audace, motivation, présence, vision, etc. Le stock de compétences constituant l’individu lui-même en capital humain inclut, en plus de ces acquis, les aptitudes innées, le capital culturel hérité du milieu familial, le capital physique dûment entretenu par la pratique sportive, la capacité de prédation sexuelle, etc. Si la mutation de l’Université est aujourd’hui un tel enjeu politique, c’est que s’y joue la formation de l’individu social, intégrant les mécanismes de perpétuation du système.

Ce que n’avait pas anticipé Flaubert, c’est que la marée de merde puisse battre les murs de la tour d’ivoire par l’intérieur. Si la dévitalisation de l’Université est si rapide, c’est que les vagues de réformes ont fait apparaître une caste nouvelle au sein de l’institution qui s’est attribuée, mettant fin à la collégialité universitaire et ne rencontrant guère de résistance, les rôles – ainsi que les gratifications symboliques et matérielles afférentes – de “décideurs” (managers et PDG) dépossédant les universitaires de leur métier et les réduisant au rang de simples exécutants. Petits hommes gris et ternes sans goût pour le savoir qu’ils méprisent, ils s’expriment, présentation pahoueur-pognette à l’appui, dans un sabir de communicant à peine compréhensible, constitué de lieux communs et de mots d’ordres, de normes et de procédures, de contrats d’objectif et de classements, de certifications et d’indicateurs de performance – métastases de cette forme de bureaucratie particulière qu’ils appellent “gouvernance”. Il serait pernicieux de penser que cette technocratie d'apparatchiks en costards-cravates est unanimement rejetée par les universitaires ou qu’elle assoit son pouvoir sur la manipulation ou la coercition. En réalité, le cauchemar climatisé qui s’installe réussit à gagner la servitude volontaire et le consentement de nombre d’universitaires par l’accaparement et la redistribution d’une part croissante des ressources des établissements (primes, promotion, financements, etc), par la peur du déclassement, mais aussi par simple légitimisme panurgique vis-à-vis des règles instituées.

Pourtant, malgré ces agents de la tristesse, malgré la pénurie savamment gérée et malgré l’abattement qui gagne les esprits après tant de batailles perdues, à chaque rentrée, le même miracle se reproduit. La machinerie universitaire se remet en branle comme un funambule monte sur son fil… Ici, ce sont deux secrétariats pédagogiques que l’on a fusionnés, divisant par deux la capacité à accueillir les étudiants. Là, c’est la collègue qui faisait les emplois du temps qui a été mutée au Pôle communication – en 180 secondes –, de sorte que les amphis n’ont pas été réservés. Et pourtant on se démerde. Le fil d’acier, qui semblait mort, tient bon et le funambule avance, comme un demi-dieu malgré les vertiges… Et les cours ont lieu, de haute volée. Des îlots d’autonomie intellectuelle s’entretiennent ça et là, dans les interstices ou dans des niches abritées du raz de marée bureaucratique. Les recherches sont parfois faites à l’arrache, sur fonds personnels, sans livrables ni reporting à l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) – qui gratte les derniers euros pour entretenir sa masse salariale. Mais cela ne dure qu’un temps : on s’use à la longue et le dénuement tue ce qu’il reste d’enthousiasme.
Si les universités fonctionnent encore malgré les conditions qui lui sont faites, c’est parce qu’il reste une majorité d’universitaires et de techniciens qui vit encore l’imaginaire de l’Université-tour d’ivoire. Le néolibéralisme a beau n’exalter que l’entrepreneur et le gagneur-jouisseur, nous restons nombreux à investir les types anthropologiques hérités des périodes antérieures – fonctionnaire intègre, responsable administratif consciencieux, enseignant par vocation, comptable honnête au service de l’Etat, étudiant trouvant par les livres une vie augmentée, chercheur amoureux de la belle ouvrage… Si l’Université idéelle est morte aux yeux de presque tous, elle est en même temps en vie dans l’imaginaire et dans la pratique de ceux qui n’ont ni renoncé ni été corrompus par la promesse infantile de compter parmi les gagnants. L’Université a été créée à la suite de la Renaissance du XIIème siècle; elle peut s’auto-instituer à nouveau, dans un retour aux sources qui en renouvelle l’imaginaire et le fonctionnement, à l’occasion d’une Renaissance du XXIe siècle.
L’Université en sa tour d’ivoire est un chat de Shrödinger. Le cortège de régressions en marche – sélection des étudiants, dérégulation des frais d’inscription, différenciation des statuts des universitaires de proximité et d’excellence – peut la faire bifurquer vers une dévitalisation durable ou vers cette renaissance.  

*Le Groupe Jean-Pierre Vernant est un intellectuel collectif qui coalise des universitaires de différentes spécialités par l'usage d'un nom propre en commun destiné à casser la mécanique de réputation nombriliste qui domine le débat public.

[1] Pierre Ryckmans, alias Simon Leys, faisait déjà ce constat en 1996, sur la radio nationale australienne ABC, lors d’une “Boyer lecture”.
[2] Il y a environ 2,5 millions d’étudiants dont 1,6 millions à l’Université.
[3]  Il arrive parfois que l’école privée dont la réclame est faite appartienne à l’un des actionnaires majoritaires du journal.
[4] Nous reprenons ici la métaphore de la tour d’ivoire en référence au célèbre discours prononcé à Louvain le 18 novembre 2005 par Simon Leys.
[5] Nous utilisons le mot “technicien”, faute de disposer d’un mot collectif connoté plus positivement pour désigner ceux qui apportent au quotidien le soutien nécessaire à l’enseignement et la recherche. Ils sont désignés au sein de l’institution par l’acronyme “biatss” pour “bibliothèques, ingénieurs, administratifs, techniciens, de service et de santé”.
[6] Cette catégorie de personnels comprend les chercheurs et les enseignant-chercheurs.
[7] La convention parue au journal officiel du 31 décembre 2017 a créé le cadre juridique des “sociétés universitaires et de recherche” qui serviront de base pour les étapes de transformation à venir.
[8] Le gouvernement Cazeneuve, avant de quitter piteusement ses ministères, a ainsi promulgué un décret permettant aux présidents et vice-présidents de devenir professeurs des universités sans passer par la procédure collégiale habituelle : Décret n° 2017-854 du 9 mai 2017.
[9] La convention parue au journal officiel du 24 décembre 2017 officialise ce système d’Université à deux vitesses et annonce la fin des programmes d’excellence après lesquels les technocraties universitaires n’ont eu de cesse de courir.

"Le vrai courage c’est, au-dedans de soi, de ne pas céder, ne pas plier, ne pas renoncer." 
Groupe Jean-Pierre Vernant.

Tribune invitée du Groupe Jean-Pierre Vernant à retrouver paginé ici :




23/01/2018

Publié dans Wikipedia…




(les soulignés sont de moi)

… Commentaire de Wikipedia :


…Correction (?!) :


21/11/2017

La deuxième mort de Descartes : l’enseignement privé confessionnel pour formater les maîtres du public !

Les « Controverses de Descartes » sont des manifestations à l’intention des enseignants, coorganisées par le rectorat de Paris, le ministère de l’Éducation nationale, le Centre International de Formation et d’Outils à Destination des Maîtres, les éditions Nathan, et la Fondation SNCF. La prochaine édition, prévue le 29 novembre prochain à la Sorbonne, sous l’égide et en présence du ministre de l’Éducation nationale, a pour thème « Apprendre à devenir un résistant intellectuel »
Brillant et noble sujet… sauf que sont conviés, au côté du ministre et du recteur, un psychologue et un psychopédagogue (normal)… et deux représentants du seul enseignement privé catholique : M. Balmand, Sectéraire général de l’Enseignement catholique et M. Petitclerc, coordinateur de l’association DON Bosco : cherchez l’erreur. On croit rêver : des membres d’une religion qui subordonne totalement l’enseignement et la recherche à l’autorité du pape enseigneraient « la résistance intellectuelle » ? Qu’on se rassure, le programme suggère lui-même la solution : c’est « à travers une réconciliation entre spiritualité et laïcité que l’école rendra ses élèves plus résistants à la manipulation ». Superbe sottise, puisque la laïcité est le cadre juridique assurant la liberté de conscience, qui comprend donc celle de refuser toute spiritualité ! Voilà une « réconciliation » qui sonne comme un enterrement de la laïcité. En fait de résistance, c’est plutôt l’occupation par les cléricaux que le ministre Blanquer couvre de son autorité.

L’UFAL a protesté contre un précédent pseudo-colloque à usage des enseignants donnant la parole sans contradiction aux militants de l’islamisme politique. Nous élevons la même protestation contre cet entrisme clérical catholique. L’Université est et doit demeurer laïque, c’est la loi.
L’UFAL appelle le ministre à faire respecter l’art. L.141-6 du Code de l’éducation : « Le service public de l’enseignement supérieur est laïque et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique ; il tend à l’objectivité du savoir ; il respecte la diversité des opinions. »
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Communiqués de presse
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Par UFAL

le  20 novembre 2017

02/07/2017

A propos des J.O. De 2024. Contre la censure olympique.

Le discours olympique et sportif est le prototype du « discours anonyme » c’est-à-dire du langage venu de partout et de nulle part qui nous traverse et que nous répercutons avec le sentiment de transmettre des évidences incontestables. C’est une sorte de goutte-à-goutte permanent, administré par les institutions et par les relais médiatiques, qui produit des effets sociaux très profonds. Le sport et l’olympisme font l’objet de croyances, de préjugés, d’adoration ou de rejet, mais nullement de connaissance.
L’Olympisme c’est avant tout l’exposition d’une doctrine. Ce n’est pas un jeu mais une vision du monde destinée à conquérir la planète entière : « Nous dicterons au monde ce en quoi il doit avoir foi »(Pierre de Coubertin). Cette « philosophie pratique de la vie » doit servir de modèle social et de règle de vie. Avec sa morale et ses sermons sur les idéaux, elle cache des discours idéologiques..
Il faut arrêter de le nier : la doctrine olympique n’est pas neutre et innocente. Elle est un ensemble de valeurs et d’opinions. L’imaginaire olympique et sportif est aussi un imaginaire politique.
Or, que voyons-nous face au sport en général et à l’Olympisme en particulier ?
– D’un côté, des amoureux (mouvement sportif, élus de tous bords, militants divers, etc.) qui nous décrivent un sport désincarné, une essence romantique de sportif tourné vers la perfection morale et physique, et nous vantent le culte des émotions et le dépassement de soi.
– D’un autre côté, les  observateurs de l’institution sportive qui décortiquent ses dogmes, illusions, arguments d’autorité, et soumettent l’Idée olympique à l’analyse en essayant de comprendre les mécanismes selon lesquels elle est produite et imposée.
En France, à quelques semaines du choix de la ville organisatrice des Jeux de 2024, la propagande bat son plein dans les rues, dans les écoles et dans la presse.
Nous travaillons sur le sujet depuis de longues années. On peut être en désaccord avec nos thèses mais encore faut-il les connaître, les étudier et ne pas les rejeter avec mépris ou désinvolture.
Nous voulons débattre et nous nous heurtons à des murs. La censure olympique empêche d’avoir un échange libre et argumenté sur la religion olympique.
Les Jeux Olympiques c’est la mobilisation de foules immenses, ce sont des milliards en jeu, ce sont des heures d’antennes, c’est la saturation de notre temps et de notre espace.
Oui, les Jeux olympiques de Paris en 2024 posent des questions sur les plans politique, idéologique, économique et culturel. Les taire c’est censurer tout discours critique sur un phénomène social majeur. Toute censure nous semble inacceptable, Y compris la censure olympique et sportive.

Publié le29 juin 2017

Pour le CACS – Michel Caillat
Auteur de «Sport : l’imposture absolue », Editions Le Cavalier Bleu, 2014, et de divers ouvrages de sociologie du sport parmi lesquels « Les Dessous de l’Olympisme » (Ed. La Découverte)

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Les Écrits modestes et radicaux de yann Fiévet :
http://www.yanninfo.fr

27/06/2017

Université d'été de l'Animal - Château de la Bourbansais (Bretagne) - 25-26-27 AOUT 2017

L’UNIVERSITE DE L’ANIMAL, imaginée et orchestrée par la journaliste YOLAINE DE LA BIGNE, réunit les meilleurs spécialistes de l’intelligence animale.
Objectif : mieux comprendre celui avec lequel nous partageons la planète pour mieux cerner son incroyable faculté d’adaptation et s’en inspirer.
En pleine crise écologique, politique et philosophique, cette deuxième édition de l’Université va mettre une nouvelle fois en lumière cette science qu’est l’éthologie (étude du comportement animal) et dont les travaux peuvent incontestablement aider l’homme à affronter les défis qui l’attendent.
8 intervenants - scientifiques, artiste et philosophe - dévoileront au grand public les incroyables facultés, talents et intelligences des chats, loups, singes, requins, chevaux, araignée…

Les conférences seront diffusées en direct sur Facebook live
et en replay sur la chaîne Dailymotion : www.lanimaletlhomme

Le château de la Bourbansais est l’un des plus jolis châteaux de Bretagne dont le parc animalier abrite félins, loups, singes ou oiseaux. www.labourbansais.com

Les intervenants et les thèmes de l’Université d’été de l’animal 2017 :

Anne-Claire Gagnon Vétérinaire et comportementalisme pour chats - Entre espièglerie et sagesse, vivre en bonne intelligence avec les chats.
Cécile Gilbert Kawano Experte en intelligence émotionnelle, instructrice certifiée Eponaquest - Atelier avec des chevaux : découverte d’un animal qui nous fait grandir
Chris Herzfeld Philosophe des sciences, spécialiste de l’histoire de la primatologie - Adoptions interspécifiques et intelligences partagées : Cinq chimpanzés en famille
Pierre Jouventin Ancien Directeur de Recherche en éthologie au CNRS - La domestication du loup et le rôle majeur du chien dans l’évolution animale
Sabrina Krief Primatologue et Maître de Conférence au Muséum National d’Histoire Naturelle - Les singes médecins
Robin Meier Artiste suisse qui travaille avec des pigeons, des moustiques et lucioles… - Musique non-humaine
Dr Christine Rollard Arachnologue, scientifique du Muséum National d‘Histoire Naturelle - Approche soyeuse sur les capacités des "aragnes"


Bernard Séret Océanographe biologiste, spécialiste des poissons cartilagineux (requins, raies et chimère) - Les requins sont-ils intelligents ?